Web no oficial de la feria taurina de Pamplona…

Fernando Cruz, futur Seigneur

Zocato

SUD OUEST 11-07-2006

PAMPELUNE.–Domingo Lopez-Chaves : salut au tiers et silence. Francisco Marco : une oreille et vuelta. Fernando Cruz : une oreille et vuelta.

Fernando Cruz (Mercedes Irujo)

Fernando Cruz (Mercedes Irujo)

Les six sujets des héritiers de José Cebada Gago, rondelets de corpulences (de 490 à 560 kg; moyenne, 525), armés fin, ont dans l’ensemble déçu. Un manque de caste et de race général, de la bravoure contenue (douze piques), souvent de la couardise et un final réduit à une dizaine d’allers-retours. Cette course annoncerait-elle le déclin de cet élevage ô combien mordant ?
Juanito va bien, à merveille, itou Miguel son beau-frère. Condoléances pour la finale de foot, on s’embrasse, la gourde circule, repart, revient, retourne encore et se stabilise au premier cercle… Juanito a rajeuni. Il est joufflu, rubicond, débonnaire. Un putti, un beignet aux pommes. A les observer, les deux gars ont dû sérieusement barouder depuis l’encierro. Sur leurs liquette et pantalon, l’itinéraire via michelin.com d’une matinée chargée. Juanito explique que la famille est partie bronzer du côté d’Alicante : « Ici, il y a trop de bruit et les gens ne pensent qu’à la bringue. Donc, avec Miguel, on se sacrifie… » Ils ont à ce propos débuté avec des petits fours. Enfin plutôt des trucs gros comme des boules lyonnaises. A base de pain, thon, re-pain et re-thon. En comparaison, les triple machins de McD… font figure de confettis alimentaires.

La séance s’ouvre avec Domingo Lopez-Chaves qui ne surprend pas plus que d’habitude. Ses efforts au toro d’ouverture s’interrompent vite. C’est vrai qu’il charme d’abord par sa présence et sa façon personnelle et intelligente d’initier la lidia. Hélas ! peu à peu, l’ensemble se dilue et laisse à la bête le manche à balai. Domingo tuera promptement au second tir et « s’autorisera » une vuelta à comptes d’auteur. Baladé, désarmé, sans scénario ni carnet de route, Lopez-Chaves rend copie blanche à son suivant. Ses deux toros, secs, violents et courts de charges, méritaient pourtant d’autres sorts. A signaler qu’il coucha le quatrième de deux pinchazos, une brochette et une paire de descabellos.

La Navarre aime ses fils. Pour preuve, elle offre une oreille à Francisco Marco après une banale faena, quoique bien conclue d’une estocade dans le mille. Souhaitons que ce trophée lui permette de voyager car à 28 ans, le torero d’Estella en a bien besoin. L’enfant du pays reçoit à puerta gayola l’avant-dernier Cebada. A la muleta ce toro s’épuise sur le champ et démontre sa nulle race. Il rejoint les rondins pour s’y coucher d’une lame de traviole. Pampelune réclamera une autre oreille pour son citoyen, heureusement refusée par le palco.

Deux doblones, deux pechos puis, direction le centre. Là, Fernando Cruz sait ce qui l’attend, un troisième toro comestible mais comme les autres au capital maigrichon. Douze passes, peut-être quinze. Il faut faire vite et bien. Une série à droite règle la voilure. Le voici main gauche où le toro plonge mieux. Sachez que Fernando ne convainc jamais lors de son premier muletazo. Il tâtonne, disent-certains. Non, il prépare. Les femmes connaissent ceux qui d’entrée jouent les merles…
A partir de la deuxième passe, la muleta de Cruz se chantourne. Elle enrobe, devient calme, templée, alanguie. C’est le toreo, le vrai, celui des olés, du poil dressé, des regards unanimes. Trois naturelles ont suffi à décider Pampelune que ce Fernando Cruz est un futur Seigneur. Après quatre jours de jeûne, l’on voyait maintenant toréer. Avec cette façon empruntée, raide mais si belle. Fernando tua tout en haut, bien dans l’axe, comme personne ne l’avait fait au cours de cette feria et il coupa la première oreille digne de ce nom. A son suivant, peureux mais gentillet, le Madrilène tentera d’insuffler un brin d’entrain. Il y parviendra sur des derechazos reliés mais le tonus abandonnait le bovin. Là encore il estoqua selon la Loi et fut invité à un tour de piste.
A guichets clos. 42ø. Vous avez bien lu, 42ø. Sur les gradins quelqu’un a proposé de transformer le ruedo en piscine géante…

Menu du jour : gaspacho andalou, pour la fraîcheur de cette soupe à la tomate, et filets de lotte braisés. Restaurant Aguirre, à quatre km de la cité, sur la route d’Irun. 17,4/20. N’hésitez pas le détour.

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