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Morante ou le maestro Bio

Zocato

Publicado en Sud Ouest el 14 julio 2009
  • Morante de la Puebla : une oreille et salut au tiers
  • El Juli: une oreille et deux oreilles.
  • M. A. Perera : une oreille et une oreille.Salut des banderilleros Juan Sierra et Guillermo Barbero au 6e toro.

Salut des banderilleros Juan Sierra et Guillermo Barbero au 6e toro.

Morante de la Puebla toreando al natural (Javier San Martín)

Morante de la Puebla toreando al natural (Javier San Martín)

On s’était habitués à mieux, question bétail… Avouons que les six petits sujets de Joaquin Nuñez del Cuvillo paraissaient fort petits pour le gabarit habituel de la San Fermin. Sur la bascule, on les annonçait de 500 à 545 kg (moyenne 511). Croyons le chargé de la Romaine. Ces « miniatures » affichaient il est vrai des cornes larges et grandes et la finesse obligatoire que l’on exige à cette feria. Pour le reste, ce fut souvent un simulacre à la pique (12 touchettes) dû à des faiblesses de jarrets. La preuve, le palco dut échanger le second par un substitut du même fer (515 kg). À la muleta, tous offrirent des dispositions.

L’avantage majeur de Morante de la Puebla, c’est de ne pas laisser le conclave le bec dans l’eau. Les impatients le houspillent de ne pas intervenir à la cape. Lui, répond quelques instants plus tard par un quite faramineux de trois véroniques que Séville, Jerez, Lima ou Mexico acclameraient sans état d’âme. Patience avec Morante. L’art prend du temps et l’assimiler, autant.

Devant nous, les bras en croix de rage, un mécontent s’époumone. Il en veut pour son argent. Vingt minutes plus tard, le premier qui aurait dit du mal de Morante prenait sa glacière abondante sur le coin de la joue… Universel, Morante ! C’est l’art unique, sans frontière ni barrière. Tout au creux de la main, au fond du coeur. Nulle concession. La galerie n’existe ni ici ni ailleurs.

En fait, Morante est un potager ambulant, qui se trimbale de plaza en plaza. Tout y est frais, biologique, sans OGM ni pesticides de toreo frelaté. Ses naturelles ont goût de tomate, les pechos, des rondeurs de potiron. Il y eut aussi un sublime quite en tafalleras à pamer d’aise Matisse et Maurice Béjart. Et puis des recortes, paraphés comme des signatures de souverain le soir d’un traité de paix, cent ans après la guerre. Morante, c’est cette toreria inimitée, parce qu’inimitable. Il est à des années lumière du peloton, hormis José Tomas. Les autres triomphent, coupent des bourriches de trophées et sortent sur les épaules par la grande porte. Parfait.

Pampelune et ses présidences de camelots peuvent vous offrir deux oreilles pour le prix d’une. Mais rien ni personne n’effaceront le souvenir de ce timide Sévillan aux doigts d’or et au corps dilué dans les muletazos. Chaque geste a son allure, une enluminure qui scintille comme une rivière de diamants.

El Juli et Miguel-Angel Perera ont donc été hissés en triomphe et ont laissé Morante s’en aller à pied par la petite porte. Chacun des deux toreros a joué ses cartes de lidias et de savoir-faire. N’empêche que les aficionados s’étaient brûlés les mains d’applaudir le garçon du Guadalquivir.

À guichets fermés. 24,4°. Brisette de Navarre.

Dernier encierro : le record, soit 2’19”. À ne signaler que trois blessés légers, au cuir chevelu, au genou et aux coudes.

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