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Des picadors vengeurs

Zocato

Publicada en  SUD OUEST el 9 julio 2006

PAMPELUNE. –Blackboulé par un toro de Dolores Aguirre, Uceda Leal sut aussi être courageux. Mais la honte s’est abattue sur les hommes à cheval

Uceda Leal : Vuelta et silence.
Davila Miura : Silence et silence.
Fernando Robleño : Silence et silence.

Ucedal Leal dando la vuelta al ruedo (foto: Jon Setuain)

Avouons que le lot de Dolores Aguirre Ybarra était de présentation magnifique. Des carcasses longues et hautes (de 530 à 630 kg; moyenne, 590) et des armures avec certains berceaux qui approchaient le mètre d’envergure. Tous furent mobiles et solides malgré un véritable assassinat à la pique (seize rencontres) et une chute. Car ces messieurs coiffés de la soucoupe s’en donnèrent à coeur joie pour se venger des animaux qui les effrayaient. Même panique chez les piétons d’or ou d’argent.

Le premier toro fut un manso enragé de jalousie pernicieuse sous deux assauts durissimes. A la muleta il s’échappera du refuge des banderilleros et foncera sur Uceda Leal qui, surpris, s’en est sorti d’un molinete improvisé et à genoux. Un superbe geste de torero à l’ancienne. Le Castillan continue dans cette position inconfortable mais, dès le second muletazo, l’Aguirre l’épingle au bas-ventre. Salement secoué, Uceda que l’on croit percé de toutes parts se relève enfin, la culotte déchiquetée et inondée de sang. Ouf ! ce n’est que celui du toro. Au lieu de se déballonner, José Ignacio se plante près des cornes et dans un registre de courage que nous ignorions. Dommage qu’il ait enrayé son arme. Suite à une révision générale au bloc, Uceda Leal, langé comme un nourrisson, reparaît au quatrième toro. On le devine plus prudent, circonspect et sur la défensive. A 30 ans, le Madrilène veut goûter aux joies de l’existence. Mais de là à se séparer si vite du toro…
Loustic. Le deuxième bestiau de Mme Dolores est un drôle de loustic. Une bombe à fragmentation, un vieil obus rouillé, prêt à vous sauter au nez. Même le beau-frère de Juanito, qui passe pourtant le plus clair de son temps à titiller la gourde, finira par remarquer son aspect criminel.
Davila Miura,

en conséquence, ne traînera guère. En revanche, le Sévillan, face à l’avant-dernier cornu, semble s’être fichu un peu du monde. D’abord il permet à son picador Miguel Angel Muñoz de s’acharner deux fois d’affilée sur l’épaule gauche du toro. Une honte ! Complice, voire maître d’oeuvre de ce meurtre en règle, Eduardo se rend alors compte que la bête n’est pas si mauvaise. Commence alors une faena souvent du bout des lèvres, avec quelques naturelles onctueuses et des droitières menées à terme. On frôlera le calvaire à l’estoc, l’Andalou couchant le toro au cinquième tir d’une demi-lame près des racines du cerisier du voisin…
Carafea. Le troisième est distrait, trotteur mais sans réel danger, il se laisse conduire par Fernando Robleño au cours d’un ouvrage dont nous ne garantirons pas la postérité. L’ultime toro, un splendide mastodonte nommé Carafea (vilaine bouille), est loin d’être un concentré de bravoure. Mais là encore, messieurs les cavaliers, dont la corporation est parfois traitée de syndicat du crime, s’évertuent à démolir l’animal selon un stratagème fort connu : le lancier de service ralentit le pas de sa monture afin de prendre du retard avant de se positionner à l’opposé du toril. Pendant ce temps, le piquero de réserve entre en action aux alentours de la porte de sortie. Ainsi le toro, bloqué par la barrière, reçoit double ou triple ration d’acier. Fernando Robleño, désarmé après un cambio dans le dos, se prend les zapatillas dans le tapis et termine « à la rue », diraient nos jeunes.
Plus un centimètre de béton libre. 38ø4. A quand des jardins suspendus façon Babylone au-dessus des gradins afin de rafraîchir les 18 652 chipolatas que nous fûmes ?
Menu du jour : pochas, haricots blancs ou mojettes de Vendée. Suivront des palourdes sauce aillée. Du lourd et du léger… 16,4/20. Restaurant San Ignacio, dans l’avenue du même nom.

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